Archive pour mai, 2011

Kabylie : après la déstabilisation, le chantage

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Depuis quelques semaines, le ministre de l’intérieur et le directeur général de la sûreté nationale multiplient les visites à Tizi-Ouzou. Le premier résultat de cette soudaine attention est un « appel anonyme » à soutenir les services de police par une marche populaire!

La Kabylie vit depuis plusieurs années une situation d’insécurité larvée. Des assassinats commis par les gendarmes en 2001 sont restés impunis à ce jour. Les kidnappings, au nombre de 64 dont les auteurs se recrutent autant dans les rangs des terroristes que dans ceux du banditisme, et des rançons qui grèvent les capacités d’investissement des opérateurs tendent à se banaliser. Des décharges publiques à ciel ouvert se multiplient pendant que le pouvoir bloque un projet financé par le PNUD destiné à la protection de l’environnement.  

La pression de cette insécurité conjuguée à une déstructuration réfléchie et programmée vise des objectifs précis : venir à bout de la résistance légendaire des citoyens de cette région et les soumettre à un pouvoir central despotique et clientéliste. Comme pour justifier cette politique, le ministre de l’intérieur déclare que ces crimes « sont des cas isolés ».

Il a fallu qu’une menace pèse sur l’intégrité de la personne du wali suite à une marche des étudiants, agressés dans leur campus, dirigée vers sa résidence pour qu’Alger décide d’un réaménagement des services de police. 

Mais sur le fond, sa démarche est invariable. Maintenant sa stratégie de pourrissement, le pouvoir passe désormais à une autre forme de manipulations. Sa dernière stratégie consiste à faire pression sur la population pour choisir entre le banditisme qu’il structure et encadre politiquement depuis l’élection présidentielle de 2009 dans des comités de soutien à l’actuel chef de l’Etat ou un soutien sans réserve à l’intervention policière qui justifierait, demain, tous les dépassements qu’induirait inévitablement un surcroît d’autorité dans un Etat de non droit. 

Le droit à la sécurité des personnes et des biens est inaliénable et représente la première mission d’un Etat digne de ce nom. Le chantage qui oblige le citoyen à choisir entre la délinquance et la soumission aveugle à la police est une manœuvre digne de la culture maffieuse du pouvoir. 

La lutte contre la délinquance et l’insécurité suppose une démarche globale basée sur le respect des lois, la justice sociale et une politique économique créatrice de richesse. Le RCD reste convaincu que cela ne peut advenir sans le changement du système, préalable à l’instauration d’un Etat de droit dans lequel le rôle naturel de la police sera la protection du citoyen et non le renforcement et la couverture des abus du pouvoir.

                                                                                                                                                                    Tizi Ouzou, le 25 Mai 2011

La police algerienne Séquestre des citoyens

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Encore une fois, les services de répression algériens viennent de prouver que la levée de l’état d’urgence n’est en fait qu’un leurre.  Ce samedi 21 mai 2011, pour faire barrage aux citoyens qui souhaitaient rejoindre la place du 1er mai, lieux du rassemblement, la police algérienne a innové en la matière.  Celle-ci séquestre les citoyens dans les escaliers des immeubles.

Mis au courant par des citoyens, je me suis déplacé pour confirmer  de visu l’information. A ma grande surprise, je retrouve au niveau d’un des immeubles faisant face au ministère de la jeunesse et des sports,  des policiers condamnant les issues de ces immeubles et séquestrant des citoyens  qui n’arrivaient pas à comprendre ce qui leur arrivait .

A ma demande de savoir si ces citoyens sont arrêtés, un policer qui visiblement m’a reconnu m’informa que moi je suis libre de rentrer et de sortir de l’immeuble mais que les autres  ne  peuvent pas le faire, tout en précisant que ce n’est pas des arrestations mais ils ne font qu’exécuter des instructions.

La police algérienne, sensée être au service du citoyen, vient de franchir un pas supplémentaire dans l’aberration. Ce comportement tout simplement  scandaleux peut être en même temps source d’inquiétude. Ayant séquestré des citoyens en violation des lois de la république, on est en droit de nous inquiéter de leur éventuelle disparition dans ces conditions. Ce comportement des services de police ne pourra en aucun cas ébranler la détermination des citoyens à réclamer un changement de système en dehors des rotations claniques et d’une manière pacifique.

Si pour le pouvoir  la jeunesse algérienne constitue un problème, pour la CNCD elle est la solution.

Plate forme politique pour un changement démocratique

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Le 1er novembre 1954 les Algériens se sont soulevés pour se libérer d’un colonialisme barbare condamné par l’Histoire. Notre peuple attendait de vivre dans un état démocratique et social garantissant la liberté de conscience, et les droits humains.

Après des sacrifices hors du commun, l’Algérie arrache le droit à l’existence dans le concert des nations en écrivant l’une des pages les plus glorieuses de l’Histoire du vingtième siècle. Cependant la libération du territoire national n’a pas entrainé celle des citoyens.  Le système politique instauré en 1962 a confisqué à son profit exclusif l’indépendance en s’arrogeant tous les pouvoirs. Notre peuple voit son histoire trahie, sa mémoire mutilée et sa parole confisquée. Tortures, répression sanglante, assassinats politiques, fraudes électorales, corruption, misère sociale et arbitraire rythment le drame algérien depuis un demi-siècle. A l’horreur du terrorisme islamiste le pouvoir a répondu par « la politique de réconciliation nationale », niant l’exigence de justice et de vérité.

Réprimée et exclue de la vie publique, la collectivité nationale oppose une résistance multiforme. L’émeute devient de plus en plus la seule forme de revendication et la rue l’unique espace d’expression pour arracher ses droits. Notre émigration, fidèle à ses traditions de lutte, suit et relaie avec ferveur le mouvement de contestation nationale.

Désormais, le statu quo est impossible à tenir. Mis face à ses échecs et confronté à une pression populaire continue, le pouvoir illégitime, usé, divisé et discrédité, recourt, une fois de plus, aux subterfuges pour essayer de dévoyer, comme en octobre 1988, les aspirations profondes de la société à la rupture radicale avec le système.  

Les évolutions nationales, régionales et internationales rendent illusoires toute initiative visant à dérouter la lame de fond qui secoue le pays du nord au sud et de l’est à l’ouest.

L’Histoire est en marche et l’Algérie ne peut faire exception. Le changement de système politique est impératif.

Pour y parvenir dans les meilleurs délais et de manière pacifique, des personnalités, des militants politiques ou syndicaux et des animateurs du réseau associatif ont pris une initiative: créer la Coordination pour le changement et la démocratie(CNCD) afin de répondre à la demande de changement de système politique qui ne saurait se confondre avec un changement dans le système. Cette structure a lancé des actions qui ont mis à nue les manouvres du système  et  qui confortent au plan politique les revendications populaires  s’exprimant chaque jour dans la rue et à travers toutes les catégories sociales, notamment la jeunesse ; principale victime du système et acteur majeur des luttes populaires.

La CNCD appelle les forces politiques et sociales à fédérer leurs énergies pour s’inscrire dans la perspective d’édification d’une république démocratique et sociale. Ses principes fondateurs seront ceux de l’Etat de droit, garantissant le respect des libertés individuelles et collectives, la promotion d’une société civile active, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la séparation du politique et du religieux, l’égalité homme-femme, la reconnaissance et la promotion de l’algérianité par l’affirmation du caractère national et officiel des langues arabe et tamazight, la justice sociale, une répartition équitable du revenu et des richesses nationales et l’alternance  démocratique au pouvoir.

Sur la base de ces principes, la CNCD, en concertation avec les autres forces du changement démocratique, propose

1)      Une conférence nationale qui aura pour mission de désigner un conseil national de transition démocratique (CNTD).

2)      Le CNTD sera composé de personnalités résolument engagées pour  le changement démocratique. La durée de son mandat ne saurait excéder douze (12) mois. Ses membres ne pourront postuler à aucune candidature ou responsabilité après la phase de transition.

3)  Le CNTD aura à :

- Dissoudre toutes les institutions élues.

- Nommer un gouvernement de transition pour gérer les affaires courantes.

- Engager le pays dans une refondation nationale dont la clé de voute sera la rédaction d’une constitution qui sera proposée au peuple algérien par voie référendaire.

4) Les priorités pour la reconstruction des autres institutions élues seront définies lors des conférences tenues sous l’égide du CNTD. Ces institutions seront issues d’élections balisées par un dispositif politique et juridique qui s’imposera à toutes les candidatures. La préparation et la mise en œuvre devront se faire en toute transparence et sous une observation internationale obéissant aux règles qui ont présidé à tous les scrutins ayant suivi la fin des systèmes autocratiques ;

5)   Le CNTD mettra en place une commission indépendante qui proposera  les modalités de restitution du sigle « FLN » à la mémoire collective. Cette commission aura aussi pour mission d’établir la vérité et la justice sur toutes les atteintes subies par  les Algériennes et Algériens depuis l’indépendance.

6)  Durant cette phase de transition, l’armée et l’ensemble des services de sécurité seront placés sous l’autorité du CNTD. Ils auront pour mission la défense du territoire et du caractère républicain et démocratique de l’Etat.

7) L’Algérie démocratique et sociale inscrira son destin dans l’actualisation des principes fixés par la conférence de Tanger qui stipulait, dès 1958, que la fédération des Etats nord-africains est le parachèvement naturel des indépendances de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc ;

Cette plate-forme de la CNCD est ouverte au débat. La CNCD appelle la société et les forces fideles à l’esprit de novembre et de la Soummam et des luttes démocratiques depuis l’indépendance, a se rassembler  pour le changement démocratique. C’est ainsi qu’elles pourront peser pour édifier une république démocratique et sociale.

Le monologue contre le changement

Le ministère de l’intérieur a adressé une correspondance au RCD l’invitant à donner ses propositions et avis sur les procédures engagées par le chef de l’Etat en guise de réponse à la crise qui affecte le pays depuis des années et qui connait présentement des prolongements massifs et multiformes à la faveur des soulèvements populaires qui secouent notre région. Il est de prime abord édifiant de constater que c’est le ministère de l’intérieur qui sert de courroie de transmission au pouvoir dans une initiative politique présentée à la communauté internationale comme une volonté de faire écho à l’irrépressible volonté de changement qui s’exprime chaque jour avec plus de force dans tous les secteurs d’activité de la vie nationale.

Sur le fond, le RCD estime qu’il est vain et dangereux de continuer à s’enfermer dans des opérations de maquillage de l’un des plus effroyables échecs politiques des ces cinquante dernières années et dont les sources remontent à la confiscation de l’indépendance par le coup d’Etat de 1962 provoqué par le clan qui sévit aujourd’hui encore dans notre pays. Ce simulacre d’invitation au dialogue qui tourne à un monologue du pouvoir est une insulte à la souffrance et la colère des Algériens qui aspirent à la dignité, la liberté et la prospérité.

Au moment où le peuple demande l’alternance, le pouvoir se dope par la dilapidation éhontée du trésor public. Quand le citoyen exige la transparence, on lui oppose l’opacité et la concentration des prérogatives par un nouveau code communal digne du deuxième collège de l’époque coloniale. Pendant que l’Algérien lutte quotidiennement pour le changement, les autocrates préparent leur succession dans le sérail.

Le pouvoir n’a ni la crédibilité ni la légitimité ni même la capacité pour s’orienter vers une sortie de crise qui appelle nécessairement et par définition à son dépassement. L’époque des bricolages politiques est révolue. La phase de transition à laquelle travaille le RCD avec les forces démocratiques se fera contre les tenants du pouvoir actuels et en dehors de leurs arcanes. Toute participation à des élucubrations menées par les auteurs du désastre national serait synonyme de complicité du reniement et du détournement de la volonté de notre peuple.

L’histoire, l’actualité et l’avenir commandent de garder le cap sur le changement de système.

Alger le 18 mai 2011
Le RCD

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