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Archive pour septembre, 2011

CNES: Instance consultative ou organe acclamatif

 

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Aux abois, le pouvoir, tente de desserrer l’étau autour de lui.  Même les organes sensés être consultatifs, comme le CNES sont actionnés pour créer des évènements  visant à le remettre sur orbite et  l’imposer  comme un l’acteur incontournable dans le traitement de la crise sociopolitique qu’il a pourtant lui même créée. Ayant tenté en vain d’absorber le mécontentement social en organisant les états généraux de la société civile, le pouvoir essaie cette fois ci de sous-traiter  des consultations nationales pour une meilleure gouvernance locale. Le CNES, encore une fois, est chargé de cette opération.  Ce constat n’est pas la déduction d’un opposant qui cherche du sensationnel mais l’aveu de son premier responsable qui déclare traduire « l’approche voulue par le chef de l’Etat ». Est-ce là la mission d’un conseil consultatif ?

Le CNES est régi par les dispositions du décret présidentiel n°93-225, du 5 Octobre 1993 portant création du CNES et par son règlement intérieur adopté en session plénière du 26 Septembre 1994 et approuvé par décret exécutif N’94-398 du 19 Novembre 1994. Le CNES a essentiellement trois missions :

  1. assurer la permanence du dialogue et de la concertation entre les partenaires économiques et sociaux ;
  2. évaluer et étudier les questions d’intérêt national portant sur le développement économique, social et culturel;
  3. faire des propositions et des recommandations et  donner des avis sur des questions entrant dans le champ de ses compétences ;

Sous la pression de la rue, et instrumentalisé le CNES s’offre une quatrième mission : appliquer les orientations du président de la République. Du coup, l’organe consultatif devient  un instrument exécutif. Reconnaissant l’inexistence d’espaces de débat où les citoyens peuvent s’exprimer et faire entendre leurs doléances, M. Babès se propose de créer cet environnement où même les syndicats et associations non agrées seront écoutés.

Le CNES défonce ainsi des portes ouvertes. La société civile n’a pas besoin d’être conviée à une kermesse mais demande à être respectée dans ses droits. Celle-ci, considérée comme facteur de stabilité sociale, elle a besoin de voir la traduction réelle des dispositions réglementaires et  des conventions internationales pourtant ratifiées par l’Etat algérien. Comment peut-on recommander en haut lieu une concertation quand on consacre la pluralité patronale tout en niant la pluralité syndicale lors des tripartites ?

Un pouvoir qui gère le mouvement social par l’intrigue, la transformation du ministère du travail en laboratoire créateur de dissidences et en finançant des mouvements de redressement pour paralyser et parasiter toute action syndicale et associative crédible, ne peut être porteur de projet moderne où les libertés syndicales et d’associations sont  consacrées et les droits fondamentaux respectés. Quand on arrive au pouvoir par la force et la fraude électorale, on ne peut avoir l’esprit de concertation encore moins de dialogue. Cette foire qui coûtera au contribuable les yeux de la tête va encore une fois retarder l’émancipation du pays et son entrée dans le concert des nations respectueuses des droits de l’homme.

Le CNES aurait dû attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’élargir la concertation lors des tripartites aux syndicats autonomes et de cesser de criminaliser l’action syndicale. L’instrumentalisation de la justice qui étouffe tout mouvement de protestation en violation des dispositions constitutionnelles et aussi à bannir. Le recours aux tribunaux pour stopper des grèves déclenchées dans le strict respect des lois de la République discrédite de plus en plus l’appareil judicaire.

Le CNES s’apprête  à organiser ses assises nationales du 20 au 28 décembre 2011. Ces dernières auront pour but de mener à bon port sa mission d’assurer une meilleure gouvernance locale. Pour ce faire, selon son président, le CNES va s’atteler à « libérer la parole et créer une véritable dynamique de communication interactive ». Ainsi, toujours selon ce responsable,  la concertation pour  définir les objectifs d’un meilleur développement local et leur adaptation aux attentes de la population, en application des orientations du président de la République,  a déjà commencé dans cinq wilayas du grand sud.

Le CNES qui  n’arrive même pas à maintenir un site internet à jour, s’octroie les prérogatives de l’exécutif. Il va s’atteler à libérer la parole que le pouvoir n’a jamais voulu libérer. Mieux encore, il entamera une concertation avec les élus, la société civile et l’administration locale pour parait-il, trouver les voies et moyens pour un développement local répondant aux attentes citoyennes au moment où  le pouvoir fait voter un code communal qui limite encore plus les prérogatives des élus locaux. Navigant à contre courant, le CNES veut faire vendre les échecs du pouvoir en imputant la responsabilité de la regression aux élus locaux. En insistant sur les orientations du chef de l’Etat, le président du CNES avoue publiquement la dépendance de son institution. L’organe consultatif devenant acclamatif ne peut prétendre à aucune crédibilité.

Voulant à tout prix appliquer les vœux express du chef de l’Etat, le CNES préconise une démarche de la base vers le sommet. Il s’attellerait donc à l’amélioration de la gouvernance pour perfectionner les capacités managériales de nos responsables locaux avec le plein concours du gouvernement et des collectivités locales. Cette façon pernicieuse de présenter les choses, suggère que le mal est dans l’imperfection des capacités managériales des élus et que le gouvernement « irréprochable » s’emploie à redresser la situation. Le CNES feint d’oublier que c’est le gouvernement qui a créé ces instabilités locales en limogeant les rares maires élus démocratiquement en violation de la réglementation comme c’est le cas à Berriane ou Beni Abbes. Le gouvernement est aussi responsable du blocage de l’APC de la Casbah depuis 2007, alors que les élus ont trouvé une solution pour débloquer la situation dans le respect de la loi. Mais voila, les hommes qui ont émergé ne conviennent pas et le mythique quartier d’Alger est sans municipalité.

Les initiateurs espèrent assurer le changement de mode de fonctionnement de nos communes, daïras et wilayas. Ces assises seraient importantes car elles vont déterminer les décisions à appliquer pour améliorer les relations entre l’administration et les citoyens. Le patron du CNES reconnait ainsi le fossé qui sépare l’administration de ses administrés. La solution à cette crise de confiance passe par la légitimité du pouvoir. Ce dernier a de tout temps régné grâce à la fraude, le clientélisme et la gestion tribale des affaires publiques. Il aurait été souhaitable pour l’instance consultative de Mr  Babes de mettre le doigt sur le véritable mal qui ronge notre pays : l’absence de légitimité de toutes instances de représentations. On ne peut exiger une performance des élus quand leurs délibérations sont tributaires de l’humeur du wali ou même d’un chef de daïra. L’étouffement voulu des élus vise à les discréditer devant leur électorat. Avec le nouveau code communal avalisé par des députés serviles, on peinera à trouver des candidats honnêtes au service des  citoyens. L’opportunisme a donc de bons jours devant lui.

Lorgnant du coté de la presse, le premier responsable du CNES soutient même qu’un avion spécial devrait être affrété pour permettre aux journalistes de mieux les accompagner. Les besoins des professionnels de la presse sont connus. Ils aspirent à travailler dans leur pays en toute liberté, sans être traqués comme de vulgaires délinquants. Ils n’ont pas besoin qu’on leur affrète des avions pour couvrir des évènements. Ils ont besoin d’un statut qui sécurise leur carrière, de plus de liberté dans l’expression, de la levée du monopole sur la publicité source d’une concurrence déloyale, de la dépénalisation du délit de presse…

Quant à nous citoyens, nous avons besoin d’un Etat stable et impartial. Un Etat où  nous retrouvons l’expression de notre souveraineté à chaque consultation, une justice independante, la juste réparttion des richesses entre les citoyens, une politique sociale qui protège les plus faibles d’entre nous. En somme une Algérie démocratique et sociale.

Mais la sortie du CNES a un mérite Elle confirme que dans une période qui appelle courage et intelligence, le pouvoir algérien s’enfonce dans la manipulation et l’immobilisme. Ceux qui voulaient bien se laisser abuser par les annonces de réformes sont rappelés à la dure réalité par l’autisme d’un système qui est toujours décidé à sacrifier l’Algérie pour survivre.

Dr BESBAS Tahar

Secrétaire National aux affaires sociales

Député RCD

Palestine : le reniement d’Alger

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Le président de l’Autorité palestinien, Mahmoud Abbas, est engagé dans une initiative politique déterminante en vue de faire de la Palestine un membre à part entière auprès des Nations Unies. Cette démarche qui permettrait au peuple palestinien de disposer d’un statut à même de lui garantir audience et présence sur la scène internationale rencontre diverses entraves.
Sur la scène internationale, les Etats Unis qui peinent à rompre avec leur alignement unilatéral sur Israël menace d’opposer leur véto au conseil de sécurité. L’union européenne semble tergiverser face à une demande dont l’aboutissement contribuerait à diminuer une tension endémique sur la scène proche et moyenne orientale. Pour sa part, Hamas, redoutant l’impact de cette ouverture sur ses postures et abus, multiplie les obstructions.
Si ces hésitations et autres manœuvres étaient plus au moins attendues dans une conjoncture régionale en plein bouleversement, le rôle et le devoir de l’Algérie étaient de soutenir sans réserve un acte de candidature qui consacre un droit légitime et une reconnaissance sans ambiguïté aucune de l’autorité palestinienne.
Trop occupé à se commettre avec des dictatures finissantes, le pouvoir algérien se distingue par un assourdissant silence dans une opération vitale pour le peuple palestinien qui fut, ne l’oublions jamais, un des rares de la région à avoir revendiqué et assumé la pluralité politique y compris en phase militaire.
Fidèle aux valeurs et principes qui ont inspiré et conduit les luttes du peuple algérien vers son émancipation, le RCD assure, à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières, l’Autorité palestinienne de sa solidarité agissante.

Alger, le 18 septembre 2011
Le RCD

 

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La menace d’attentat à la voiture piégée revendiquée par Al Qaeda dès le 7 septembre, pourtant prise très au séreux par le FBI et le département d’Etat américain, n’y a rien changé. Si les barrages filtrants ont transformé Manhattan en véritable gare, les média du monde entier ont décidé de maintenir leur couverture du 10éme anniversaire des attentats du 11 septembre en plein cœur du quartier où s’est produite la catastrophe en 2001. Pendant 72 heures, des journalistes intellectuels, juristes, victimes et politiques connectés à des intervenants des cinq continents ont débattu sur les origines, les suites immédiates et les conséquences lointaines du 11 septembre.

 

Pour sa part, le président du RCD a animé une table ronde avec Jean Marie Colombani, ancien directeur du quotidien français le monde et Dick Howard, grand Philosophe américain sur le thème :’ « comment vit le monde après le 11 septembre. ». La philosophe française Elisabeth Badinter et l’écrivain à succès égyptien Alaa Al Aswani et une speakerine libanaise, victime d’un attentat terroriste, sont intervenus dans les débats respectivement à partir de Paris, du Caire et de Beyrouth.

 

Said Sadi a développé l’idée que même si des incertitudes pèsent encore sur les insurrections citoyennes qui déferlent sur le sud, quelque chose de fondamental est entrain de se jouer sous nos yeux. « La révolution industrielle avec la colonisation qui prétendait dispenser le savoir et la liberté a accouché d’une ère d’arbitraire. La décolonisation a mal tourné au regard des régimes qui ont suivis et qui ont, le plus souvent, renié les principes qui ont libéré les peuples soumis, le communisme comme le libéralisme ont échoué. Le Sud fait irruption pour signifier qu’une nouvelle recomposition de l’histoire du monde doit s’engager. Le terrorisme ne reculera que si la démocratisation prend racine au sud où nous observons que des jeunesses conditionnées pendant des décennies pour haïr et tuer se sont émancipées de la tentation intégriste qui les avait broyées pendant des années. Ces jeunes délivrent un message très fort et se démarquent de la culture de la mort dans laquelle on a voulu les enfermer.

 

 

A la question de savoir si l’islamisme est soluble dans la démocratie, Said Sadi, répondant sans ambages, a soutenu que toute idéologie qui s’abrite derrière la religion pour investir le pouvoir est par essence totalitaire quelque soit le culte concerné. L’essentiel est que les mots retrouvent enfin leur sens. L’islamisme ne recouvre pas, loin s’en faut, la religion musulmane.

Auparavant, le président du RCD a enchainé les interviews et les entretiens avec les spécialistes du monde musulman et du terrorisme.

Le 8 au soir, Said Sadi a rencontré des représentants de la communauté algérienne de New York qui lui ont fait part de leur grande inquiétude devant le blocage que connait l’Algérie. Une tournée en Amérique du nord (Canada et USA) est retenue dans le courant de l’automne 2010. « Nous avons suivi avec intérêt les rencontres de proximité organisées au pays, la même attente existe dans l’émigration »; ont fait savoir les animateurs des réseaux associatifs et les militants de New York.

L’engouement manifesté par le monde politique, intellectuel et universitaire dans cette commémoration et les réflexions qu’elle a engendré autour des révolutions en cours dans le sud témoignent de ce que la conscience universelle est désormais alertée sur le fait que les dictatures, loin de garantir la stabilité, sont la source et le moteur de l’intégrisme.

 

 

APN: symbole de la régression nationale

 

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Le parlement est encore une fois convoqué, en cette rentrée, pour légitimer des situations de non droit et valider des voies de fait imposées par un exécutif aux abois et irresponsable. Issue de la fraude électorale, l’assemblée nationale s’apprête à consommer sa servilité en validant les replâtrages proposés dans des projets de lois en décalage avec les aspirations citoyennes. En effet, débattre des réformes ne peut être confié à des députés qui ont décidé de renoncer à leur mission de représentation nationale pour s’employer à un affairisme de bazar.

 

Les projets de loi sur le code de wilaya, code électoral, code de l’information et les partis politiques que s’apprête à digérer l’APN témoignent de l’isolement politique et moral d’un parlement qui est l’un des derniers débris d’un système condamné par l’Histoire.

 

Au moment où les élites libyennes ont rejoint leur peuple et réussi l’exploit de faire tomber la dictature de Kadhafi et que la rue algérienne a repris son ébullition à travers des mouvements de protestation, les parlementaires du régime continuent à se terrer dans un mutisme coupable et indigne.

 

Depuis le début de l’année, face à la multiplication des contestations politiques et sociales et l’absence de toute réponse des pouvoirs publics, le RCD a décidé de suspendre ses activités au sein du parlement suite, notamment, au refus de transmettre et de donner suite à toutes les interpellations de ses parlementaires. Les différentes questions des élus du RCD touchant aux violations des lois, à la régression du pouvoir d’achat des Algériens, à la corruption, aux placements occultes à l’étranger, aux violations des libertés, à la répression de la jeunesse …sont à ce jour restées sans réponses, confirmant le rôle de chambre d’enregistrement dévolu à l’institution parlementaire par le pouvoir exécutif.

 

Les parlementaires du RCD continuent à assumer leur mission sur le terrain de façon résolue  et libre aux cotés de celles et ceux qui luttent quotidiennement pour l’avènement d’un changement démocratique.

 

Alger, le 05 septembre 2011

 

Le groupe parlementaire du RCD

 

LETTRE AU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION LIBYEN

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A mesdames et messieurs les membres du Conseil National de Transition

 

Chères sœurs, chers frères,

En tant que patriotes algériens luttant pour la promotion démocratique de leur pays, nous vous réitérons notre entière solidarité. Auparavant, nous avons affirmé notre soutien aux manifestants tunisiens et égyptiens. Aujourd’hui nous ne cessons de crier notre indignation devant a barbarie qui frappe les citoyens de Syrie et du Yémen. Votre combat, le notre et celui que mènent simultanément tous les peuples du sud renvoient à la même problématique et tendent aux mêmes objectifs nationaux et régionaux : libérer nos pays respectifs de systèmes politiques dominés par des sectes militaires violentes, corrompues et sans perspectives et les engager dans des projets où le citoyen serait à la fois l’arbitre et l’acteur du destin collectif. Seuls des dirigeants autistes refusent de voir que, dans nos pays aussi, l’histoire citoyenne est désormais en marche.


Au-delà de notre zone, les Iraniens et les Ivoiriens avaient courageusement affronté, avec des fortunes diverses, les despotes qui les écrasaient en toute impunité.


Partout, et tout en se battant sur le terrain algérien, notre parti s’est spontanément positionné du côté des révoltés et s’est démarqué du pouvoir algérien qui, lui, s’est systématiquement aligné derrière les dictateurs. En effet, les maîtres d’Alger, reniant les valeurs et les principes qui ont mené à la libération de notre peuple, ont soutenu et /ou soutiennent les tyrans de Téhéran, d’Abidjan, de Tunis, du Caire, de Tripoli, de Sanaa, de Damas ou de Khartoum.

 

Pour l’heure, les Libyens sont en passe de régler trois problèmes fondamentaux auxquels sont toujours confrontés les Algériens :

1- Abattre une dictature militaire de plusieurs décennies ;

2- Amener les anciens notables du régime les moins compromis à assumer
leur responsabilité historique en s’impliquant dans l’insurrection citoyenne ;

3- Fédérer des sensibilités politiques diverses dans un mouvement alternatif démocratique.


Dans ces conquêtes du peuple libyen, les patriotes algériens trouvent à la fois une source de satisfaction et d’espérance. Nous saluons un peuple frère qui a brisé les chaînes de l’arbitraire et nous suivons avec attention ses évolutions dont nous ne manquons pas de tirer des enseignements utiles à notre combat, ce qui est en même temps une façon d’en élargir la portée au sous continent nord-africain. De ce fait, nous nous sommes toujours fait un devoir de répercuter la bravoure des combattants libyens tout en dénonçant et condamnant la répression dont ils sont victimes à travers nos réseaux relationnels tant nationaux qu’étrangers.

 

Chères sœurs, chers frères,

Convaincus que nous sommes condamnés à vivre dans l’intelligence et la solidarité, nous considérons de notre devoir, eu égard à ce que nous avons enduré, de vous faire part des écueils que peut rencontrer une révolution succédant à un ordre politique archaïque qui s’est donné le temps et les moyens de déstructurer et de stériliser la société.


En octobre 1988, la jeunesse algérienne a exprimé radicalement, et dans le sang, son rejet d’un système politique équivalent à celui qui vous a endeuillé pendant 42 ans. Faute de cadres et de stratégie adéquats, le pouvoir en place a pu récupérer la situation à son profit et manipuler une ouverture politique et médiatique dont l’Algérie et son voisinage paient toujours les conséquences.

Le RCD enregistre avec satisfaction les premières déclarations des instances de la révolution libyenne qui en appellent à la sérénité et la tolérance, invitent à s’interdire le recours à la vengeance tout en œuvrant avec détermination à libérer leur nation des entraves du passé. Les démocrates nord-africains sont persuadés que cette lucidité sera rapidement et résolument prolongée par la volonté d’instaurer un climat politique où la liberté, la transparence et la loi permettront à votre pays de se doter d’institutions effectivement représentatives et où tous ses fils pourront s’exprimer, défendre leur opinion et inventer la nouvelle Libye.

Avoir saisi que l’on ne substitue pas un régime politique sectaire ou autoritaire à la dictature témoigne de votre conviction que les forces du renouveau doivent innover et savoir faire preuve d’humilité et de générosité. Nous le savons tous, en Libye comme ailleurs, la seule alternative à Kadhafi et tous ses comparses c’est la démocratie.

Notre soutien à votre mouvement est un devoir, votre réussite est un acquis national d’autant plus mérité qu’il a été chèrement payé. Il demeure pour nous qu’au-delà de considérations domestiques légitimes, l’aboutissement de votre combat est un investissement régional qui nous concerne tous.

Oui nous devons renverser les dictatures, oui nous devons construire des sociétés de justice et de liberté régies par des Etats de droit mais, pour y parvenir au mieux et au plus vite, nous sommes mis en demeure de faire de sorte que chaque libération nationale serve l’autre pour garantir un développement démocratique régional. Jusque là, dans notre histoire, chaque colonisation a fait le lit de la suivante. Nous pouvons inverser cette loi de la malédiction et nous avons, aujourd’hui, la responsabilité de faire de chaque avancée nationale une pierre angulaire qui renforce et s’articule avec toutes celles qui portent notre avenir commun.

Chères sœurs, chers frères,


En avril 58, les dirigeants marocains, tunisiens et algériens réunis à Tanger déclaraient d’une même voix que les indépendances de leur pays devaient naturellement se parachever dans la construction d’une Fédération des Etats nord-africains. C’est cette ambition qu’il nous échoit de concrétiser dans la foulée des dynamiques de liberté qui déferlent sur nos contrées. C’est dire que si des circonstances politiques nous obligent encore à lutter séparément, nous devons, sous peine de retomber dans des errements suicidaires, avoir toujours à l’esprit qu’il n’y a d’issue durable à nos luttes que dans la synergie de nos efforts. A l’UMA, ce syndicat d’autocrates, nous devons opposer les solidarités convergentes sans faille de nos mouvements.


ll y a un demi-siècle, l’Algérie pouvait se poser comme repère structurant dans le mouvement de décolonisation qui a émancipé tant de peuples. Ce capital et ce rôle ont été dilapidés par un système arrogant et prédateur. Aujourd’hui, c’est l’exploit libyen qui s’impose à nous comme exemple pouvant et devant continuer d’inspirer nos luttes, notamment en Algérie.

En effet, à l’inverse de la Tunisie ou de l’Egypte qui se vivent depuis longtemps en tant qu’Etat-nations constitués, l’Algérie et la Libye sont de jeunes créations dans lesquelles se sont agrégées des collectivités diverses que vous avez eu, en ce qui vous concerne, l’immense mérite, de comprendre, de ménager et de rassembler. Autre similitude : l’Algérie et la Libye ont été asservies par des systèmes politiques militaristes, inconséquents et incultes. Ces rapprochements, entre autres choses, font que votre combat nous parle plus que d’autres. Politiquement, la traduction de votre soulèvement en projet démocratique et social est le meilleur message d’espoir que vous pouvez délivrer à votre pays et, au-delà, à tout notre environnement géopolitique.

Ardemment souhaité et attendu par tous les fossoyeurs de nos destins, l’échec vous est tout simplement interdit. C’est pour cela que nous, patriotes et démocrates algériens, nous nous permettons d’être plus exigeants envers vous qu’avec d’autres.

Chères sœurs, chers frères,


Vous avez fait le plus dur, vous êtes condamnés à réaliser le plus juste. L’Histoire nous offre l’occasion de conjuguer nos espérances. Vous le savez, il y a longtemps que le RCD travaille au rassemblement des forces démocratiques de notre région.Avec nos fraternels sentiments.



Alger le 26 août 2011


Saïd Sadi. Président du RCD

Présidence / DRS: le naufrage

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Le « cadeau » offert par le couple présidence-DRS au peuple algérien en cet Aïd va considérablement peser sur les évolutions immédiates de notre pays. En reconnaissant enfin officiellement héberger une partie de la famille Kadhafi, les dirigeants d’Alger confirment une position et dévoilent des intentions. Vers l’intérieur le message est clair: toute idée de changement est vaine. La traduction destinée à l’extérieur est aussi limpide: le régime assume son rôle de représentant d’un système qui lie sa survie à la manipulation des situations que peut offrir une scène régionale en plein bouleversement.En effet, le pouvoir algérien aux abois n’a ni la force ni la crédibilité nécessaires pour s’opposer au jugement du clan Kadhafi quand les conditions l’exigeront. Il composera dans ce dossier avec la même duplicité que celle qui le caractérise dans la lutte contre le terrorisme international dont il ne cesse, par ailleurs, de relancer nuisances et doctrine par une politique cynique et irresponsable.Après avoir transformé l’Algérie en dépotoir économique pour satisfaire clientèles et partenaires, après avoir réduit ses missions politique et diplomatique à la fonction de sous-traitant des services de renseignements occidentaux pour survivre, les maîtres d’Alger sont devenus les hôtes d’héritiers de despotes déchus pour s’octroyer une marge de négociation dans le marché des otages, rejoignant dans leur déchéance les bandes spécialisées dans ce sinistre marché.Voilà où en est l’Algérie de Abane et de Ben M’hidi un demi siècle après l’indépendance.Ce dernier avatar a pourtant un mérite: couper court aux manipulations qui veulent entretenir l’illusion d’une rédemption du système politique qui sévit depuis 1957.A toutes les citoyennes et à tous les citoyens, le RCD demande, en ces moments noirs de notre Histoire, de garder espoir, de se souvenir et d’honorer les principes et les valeurs qui ont mené à la libération de notre peuple. C’est là la seule voie pour sortir d’un cauchemar qui a stérilisé la société, déstabilisé l’Etat et, maintenant, livre la nation à l’humiliation internationale.

Alger, le 30 août 2011Le RCD

 

 

 

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