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Archive pour octobre, 2011

IMPASSE POLITIQUE ET CRISE SOCIALE

 

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Communication présentée par Tahar Besbas, lors du conseil national du 14 octobre 2011

Le pays connait ces dernières années une crise sociale jamais vue jusque là. Cette dernière est riche en enseignements tant sur le plan sociologique que politique. Depuis le 1er janvier, la scène sociale s’est emballée. Tous les secteurs de la société ont été touchés par l’effervescence revendicative qui, en fait, témoigne d’une avidité d’expression sociale que le pouvoir a de tout temps tenté de dévoyer. Aucun secteur n’a été épargné par cette fièvre. Cette dernière, qui s’est propagée à tous les secteurs, notamment la santé et l’éducation, a touché même les corps constitués, qui sur le plan réglementaire, sont en principe interdits de manifester et d’appeler à des grèves.

Ces évènements ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent de l’accumulation des frustrations successives vécues par les acteurs de la société civile et les citoyens en général. Plus particulièrement depuis 1999, la gestion tribale a été cultivée par le pouvoir en place. L’enrichissement et l’impunité dont se prévalaient les clans du pouvoir ont fini par excéder. La paupérisation, l’érosion du pouvoir d’achat, les inégalités sociales, la distribution inégale des ressources, l’ascension fulgurante de certains au détriment des valeurs sociales, l’absence de promotion en dehors des règles claniques établies et admises comme normes de reconnaissance sociale, la dévalorisation du travail, la clochardisation des symboles de l’Etat : table cigarette avec portrait du chef de l’Etat, sont autant d’éléments qui ont conduit à l’exacerbation de la crise sociale.

Il est admis que toutes les situations de crise sont en générale réglées dans un cadre de dialogue entre les antagonistes. Depuis 1999, un net recul du dialogue social, pour ne pas dire sa disparition, a été observé. Le pouvoir, ayant jeté son dévolu sur l’UGTA, a finalement choisi de dialoguer avec lui-même.

Le dialogue, élément essentiel de la stabilité sociale, a été dévoyé au profit d’acquis, préalablement octroyés par le pouvoir, dans un semblant de concertation, tributaire de l’accord du président de la république. Les acquis, qui furent toujours au déça des aspirations des citoyens, sont, le plus souvent, rattrapés par des réalités nationales amères, notamment le manque de suivi dans l’application, l’inflation….

Toutes ces tergiversations engendrent inéluctablement une crise de confiance entre les citoyens et le pouvoir et tout ce qui le représente, notamment les collectivités locales, les administrations, même les réseaux sociaux sont infestés par des officines. Le désintérêt est tel que le citoyen fuit tout ce qui émane du pouvoir. Ce dernier a réussi de cette manière à faire reculer la notion de démocratie participative, gestion active du citoyen dans les affaires publiques. Les élections sont discréditées. L’Algérien est arrivé à se convaincre que tout est fait d’avance et que cela ne sert à rien de tenter quoi que se soit. Combien de fois a-t-on entendu dire : Bouteflika sera président en… Le transfert de la souveraineté populaire vers d’autres centres de décision est ainsi intériorisé par le citoyen.

Depuis pratiquement deux ans et plus spécialement depuis le dernier coup d’Etat constitutionnel de 2008, le pays est entré dans une zone de turbulences ou les situations conflictuelles se multiplient de jour en jour. On a recensé environ 1317 manifestations lors du premier semestre 2011 et plus de 10 000 manifestations tout type confondu en 2010. Ce qui équivaut à 27 manifestations par jour. Ces conflits sont de deux ordres :
- Des conflits organisés (manipulés ou non).
- Des conflits désorganisés.

Les conflits organisés concernent en général le monde du travail. C’est dans un cadre structuré et assumé que ces conflits ont lieu. Les syndicats ont été les principaux animateurs de ces manifestations. Les organisations les plus en vue sont le SNPAP, le SNPSP, le SNPSP, le CNAPEST, le SNAPEST, l’UNPEF et le CLA.

Les manifestations désorganisées ont été menées par des citoyens au décours de situations de passe droit, de violation de la loi par l’administration, des précarités aigue de la situation sociale des populations etc… Ces manifestations ont occasionné plusieurs dégâts matériels et même parfois humains, comme l’assassinat de citoyens par les forces de l’ordre et l’armée en début de l’année.

La société civile a été très présente aussi. A l’initiative de la CNCD, plusieurs organisations de la société civile ont marqué de leur empreinte, d’une manière ou d’une autre, la scène sociale. Nous préciserons tout de même que certaines ont été infiltrées et actionnées, pour freiner la confluence des forces de la société civile. La marche du 22 janvier 2011, les actions menées ensuite dans le cadre de la CNCD ont permis de casser le mur de la peur, rendre visible les acteurs sociaux revendicateurs, affirmer le caractère politique de la crise sociale et enfin proposer une solution politique à la crise à travers la plate forme pour le changement et la démocratie.

Les intellectuels et autres personnalités qui ont participé aux deux premières marches ont vite reflué, attestant de fait, que les élites algériennes ne sont pas en mesure d’assumer dans la durée un combat d’avant-garde.

S’appuyant sur la rente pétrolière et une gestion clientéliste des richesses du pays, le pouvoir a réussi, jusque là à différer l’explosion sociale. Ayant essayé d’instrumentaliser les évènements de janvier 2011 pour rétablir des équilibres en son sein, les dirigeants ont été pris de cours par l’initiative du RCD du 22 janvier 2011. Par la suite la dynamique enclenchée par la CNCD, a poussé le pouvoir à laisser les querelles de clan pour parer au plus pressé : se maintenir coûte que coûte dans un contexte marqué par le soulèvement des populations en Tunisie et en Egypte.

Passé l’euphorie des augmentations salariales et l’impossibilité de satisfaire la demande sociale, le pouvoir se retrouvera tôt ou tard face à la colère sociale. Ce report, encore une fois de l’embrasement, risque de nous mener vers une situation de rupture de confiance totale, source de radicalisation des mouvements sociaux. La fragilité ambiante du système aidant, fera le lit d’une révolte dont les conséquences seront malheureusement inévitables et imprévisibles.

La grande satisfaction réside dans le potentiel jeunesse qui a suivi et relayé les mouvements de protestation. Lors des évènements du premier semestre 2011, nous avons constaté l’émergence d’une jeune génération, prête à lutter pour un changement de système et une Algérie démocratique et sociale. Même formée dans des conditions aléatoires, ces jeunes sont à même de relever les défis.

Englué dans ses contradictions, le pouvoir recours, d’une part à l’achat de la paix sociale, en dilapidant environ 39Milliards de dollars en l’espace de 06 mois, d’autre part, pour la consommation extérieure, il organise un simulacre de dialogue dans le cadre d’une tripartite ou les partenaires sont triés sur le volet.

Espace de dialogue et de concertation, la tripartite, est une fois de plus piétinée par le pouvoir. Ne pouvant se départir de ses habitudes, ce dernier à encor humilié le monde du travail à travers son représentant désigné. Ne cédant sur aucune revendication sociale d’un partenaire pourtant docile, le pouvoir a violé la convention 144 de l’OIT sur les consultations tripartites. Il a consacré la pluralité de la représentation patronale tout en la refusant au monde du travail.

Cette consultation fût un échec total. Ce dernier réside dans la double illégitimité des acteurs de la tripartite. Les syndicats autonomes, qui jusque là ont animé la scène sociale sont plus représentatifs et plus proches des réalités du monde du travail. L’UGTA, béquille sociale du pouvoir, est disqualifiée. Elle est incapable de mener des négociations sérieuses, d’autant plus que la prescription dans l’affaire El Khalifa, dans laquelle est englué son SG, n’a pas encore été consommée.

Face à une absence de stratégie, on observe que le sommet du pouvoir hésite et se contredit. Pendant que les membres du gouvernement sont sommés de déclarer que la crise est exclusivement sociale, le chef de l’Etat, les prenant à revers, décrète le 15 avril que la crise est politique et qu’elle appelle des réformes structurelles profondes.

En fait les deux ont raison, l’impasse politique à produit une crise sociale qui n’épargne aucun secteurs.

 

Dr Tahar BESBAS

Secrétaire National  aux affaires sociales


17 Octobre 1961 : Les fils de chahids et les universitaires de Tizi Ouzou dénoncent la perversion

17 octobre 1961 / 17 octobre 2011

Un demi-siècle, après les ignobles assassinats des émigrés algériens en France, jetés par centaines à la Seine, MESSALI HADJ est réhabilité avec tambours et trompettes, par un Bouteflika finissant. 

Maurice PAPON peut ricaner dans sa tombe et DIDOUCHE Mourad qui avertissait « si nous venions à mourir, défendez nos mémoires », se sentira trahi. 

Des voix  s’élèvent, ici et là, dont celle de ABADOU, Président de l’ONM, pour rappeler que MESSALI est un traitre. Du côté de BENYOUNES dit Daniel, célèbre au FFS et soi-disant président de l’association des anciens membres de la glorieuse et puissante « Fédération de France », directement concerné par ce 17 octobre 1961, c’est honteusement le silence radio ! Pendre position, pour cette catégorie d’individus, c’est risquer de  perdre leurs nombreux privilèges octroyés par Boutef pour des missions précises : 

- N’a-t-il pas autorisé et entretenu le torchon de la « débauche de Kabylie » afin de polluer la région ? 

- N’a-t-il pas désigné BENYOUNES Amara membre de son directoire de campagne électorale à la dernière présidentielle ? 

- N’a-t-il pas, entre autre,  fait de BENYOUNES dit Daniel, un sénateur marionnette du tiers présidentiel ? 

Et en ce 17 octobre,  comme un bon nombre des fossoyeurs de l’Histoire de ce pays, ils se recueilleront certainement dans nos cimetières et monuments. Ils verseront même quelques larmes de crocodiles en disant sous cape : « les morts ont toujours tords ! ». La « débauche de Kabylie » de BENYOUNES Amara et du cadet Idir titrerait, à la une, en cette date souvenir : « PAPON, ce criminel ! » mais passeront sous silence la réhabilitation de MESSALI, l’autre acteur et  bourreau du carnage du 17 octobre, pour ne pas contredire et fâcher BOUTEF, leur  protecteur. 

Et oui, ce 17 octobre du souvenir, ils palabreront tous  avec  leur lâcheté, leurs compromissions, leur cupidité, leurs trahisons… 

Tous, ils oublieront que les messalistes, autant ou même plus que PAPON, étaient complètement impliqués dans les assassinats des centaines  d’émigrés. Ils ne diront rien parce que leur tuteur a  réhabilité MESSALI d’autorité. 

Fideles à leurs habitudes, ces charognards gardent toujours  le silence quand ils ne sont pas sifflés par leurs maitres et  la scandaleuse et révoltante attribution du « doctorat honoris causa », par des pseudos universitaires de Tizi Ouzou, au sinistre Ben Bella, assassin de Kabyles et détracteur de ABANE Ramdane, en est  une illustration.

A toute  cette faune de racaille qui n’évolue que dans la rapine, l’escroquerie, la trahison, la servitude,   les étudiants et les dignes fils de chahid  vous disent : «  Arrêtez de polluer nos espaces déjà nauséabonds.  Laissez-nous construire  un semblant de demain, loin de vos mensonges et de vos lâchetés ». 

« Taisez-vous !» 

SIGNATAIRES: -  Les étudiants de l’université  de Tizi Ouzou, héritiers de Mouloud MAMMERI et   d’AVRIL 80  et de ses valeurs ; 

-  Et  les dignes fils de chahid qui refusent la falsification de l’histoire et  qui se mobilisent pour défendre la mémoire de leurs parents. 

                                                                                  Tizi Ouzou le 17/10/2011

 

Résolutions du conseil national du 14 octobre 2011

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Le conseil national du RCD s’est réuni en session ordinaire le 14 octobre 2011 à Alger. Figuraient à l’ordre du jour:
• L’évaluation politique et sociale de l’année 2010/2011 ;
• La préparation de l’année 2011/2012 ;
• Les bouleversements de la scène régionale et les évolutions internationales qu’ils ont engendrées ;
• L’état organique, la logistique et la situation financière du Rassemblement.

Après l’introduction aux débats du président qui a synthétisé les initiatives prises par le parti et les principaux événements vécus par le peuple algérien ces derniers mois, les membres du conseil national ont respectivement écouté les communications des secrétaires nationaux en charge des affaires sociales, de l’économie, des élus et des élections, de la communication et des relations internationales.

Les rapports des différents bureaux régionaux et les interventions des autres membres du conseil national convergent vers la même analyse : les manœuvres politiques du pouvoir attestent de la permanence de deux invariants dans le système algérien : le DRS contrôle toujours l’essentiel de la décision politique et aucune perspective d’ouverture ne figure dans l’agenda officiel.

Face à la contestation citoyenne, signe d’une ardente aspiration au changement, le système oppose la répression, la corruption, la désinformation et la provocation.

Au désarroi des Algériens menacés par le chômage, l’inflation, le déficit en logements, l’absence de soins et une éducation au rabais, l’exécutif répond par des tripartites composées de ses clientèles où il dilapide le trésor public dans des aspersions financières claniques qui ont eu le don d’exaspérer les catégories les plus démunies. En relevant le SNMG de 3000DA, le gouvernement s’est livré à une manipulation dont, paradoxalement, les principaux bénéficiaires sont les cadres les plus privilégiés ; c’est-à-dire ceux dont les salaires sont indexés sur le SNMG. Par ailleurs, les 3000 DA octroyés ne compensent même pas une inflation que les dirigeants peinent à maquiller avec des artifices statistiques et comptables aussi opaques qu’aléatoires.

L’absence chronique de projet économique se confirme dans l’entretien d’un patronat dominé par l’économie de bazar et dont la principale fonction est d’être convoqué pour servir de comité de campagne au pouvoir à chaque fraude électorale.

Point culminant de cette stratégie de contre développement : le projet de loi de finances 2012.

L’analyse sommaire de ce texte montre que la part dévolue à l’investissement est réduite de 29 %. L’éducation nationale qui voit également son budget régresser subit un sort analogue. Par contre, les sommes affectées aux secteurs de la propagande et de la répression (défense nationale, intérieur, zaouïa) explosent. Dans les pays souverains, une telle architecture budgétaire est élaborée en période de guerre. En l’occurrence, l’ennemi est le peuple algérien. Les finances publiques, dédiées aux dépenses salariales non productives entretiennent et aggravent une déficience économique structurelle.

La scène politique n’échappe pas à cette stratégie d’involution nationale qui absorbe tous les moyens de l’Etat pour aboutir à l’étouffement de la vie publique.

La dégradation de la scène médiatique est marquée par les menaces, les chantages financiers et, de plus en plus, l’encouragement de titres délinquants que même les années de plomb du temps du parti unique n’avaient pas connus.

Les décisions envisagées pour mettre en œuvre les réformes annoncées participent, sans exception, d’une volonté de fermeture et de soumission de la scène nationale.

Le nouveau code communal achève de réduire la mission de l’élu local à une fonction de représentation symbolique. Le projet de loi portant profession de l’avocat fait de ce dernier un témoin impuissant de l’arbitraire de l’Etat. La promesse d’ouverture du secteur de l’audiovisuel est aussitôt rattrapée par une réglementation qui ne tolère que le recyclage de l’argent sale des clientèles dans ce domaine. Le désinvestissement de la formation transforme l’université en déversoir où se noient étudiants, enseignants et travailleurs.

L’instrumentalisation de la justice démontre chaque jour que les scandales financiers ne sont traités que lorsque les auteurs des crimes et délits économiques sont tentés de s’émanciper de la domestication des officines.

Les manipulations politiciennes du terrorisme dont joue le régime pour maintenir son chantage dans le pays et se ménager un statut de sous-traitant de la lutte anti-terroriste auprès de nos partenaires dérapent régulièrement dans des provocations qui ont plus particulièrement ciblé la Kabylie ces derniers mois.

Au niveau international, les dirigeants, bousculés par les événements, s’égarent entre un activisme diplomatique par lequel ils veulent vendre un projet de réformes et une solidarité sans faille avec les dictateurs de Khartoum, Tripoli, Sanaa, Téhéran, Damas…

S’agissant des perspectives électorales, l’exposé du secrétaire national aux élus et aux élections, rappelant les entraves et les arbitraires subis par les élus du Rassemblement a nourri l’analyse et les projections du conseil national. L’omnipotence du DRS se dévoilant dans le sectarisme de l’administration et la partialité de la justice, laisse présager une année électorale 2012 au cours de laquelle les scrutins seront une réédition des opérations de distribution des quotas.

Pour l’heure, le conseil national observe que le DRS, maître d’œuvre du monopole sur la vie politique et économique, est plus que jamais rivé dans un statuquo qui ne laisserait aux citoyens que le choix de se soumettre ou de s’offrir en recrue à l’une des sectes du pouvoir.

Comme les tergiversations qui accompagnent l’ouverture audiovisuelle, les hésitations du pouvoir en matière de surveillance internationale massive et qualifiée trahissent une tendance lourde dans un système qui a transformé les institutions en matrice de prébendes où l’opposition démocratique se voit assigner un rôle d’alibi de la pluralité.

Ni la transformation de l’Algérie en gigantesque espace militaro-policier, ni les milliards de dollars distribués dans la précipitation sans programmation, ni contrôle, ni les infiltrations et autres tentatives de déstabilisation des mouvements de coordination, ni la désinformation n’ont empêché la société et, plus particulièrement, la jeunesse de se mettre en mouvement pour relancer la contestation et exprimer sa volonté de vivre dans la liberté, la dignité et la sécurité.

Dans cette tourmente interne et externe, le RCD, fidèle à ses valeurs fondatrices, assumant les principes de l’Algérie démocratique et sociale et mettant en œuvre son projet de société, a investi la rue dès lors qu’était définitivement constatée l’impossibilité d’une évolution politique sérieuse dans le cadre institutionnel. Les manifestations engagées au premier semestre 2011 ont mis à nu le système dans le pays et à l’étranger.

Le conseil national du RCD est résolument engagé à soutenir toute démarche s’inscrivant dans une alternative de rupture. Les manœuvres en cours qui voient les clans se déchirer dans un système mafieux ne doivent en aucune façon distraire les élans patriotiques qui s’expriment quotidiennement dans les revendications sociales ou politiques alternatives. L’Algérie a déjà connu de nombreuses situations où des clans se sont affrontés sans que notre peuple n’ait pu, par la suite, exercer son droit à l’autodétermination.

L’Algérie de Novembre et de la Soummam a vocation à jouer d’autres rôles que ceux de sous-traitant de la lutte anti-terroriste et de police des frontières de l’émigration clandestine.La sécurité nationale et régionale et la stabilisation des flux migratoires appellent légitimité politique, transparence et performance économique et justice sociale ; autant de principes reniés et combattus par le système qui sévit depuis 1957.

Dans ses structures, dans les luttes sociales et politiques, sur les scènes régionales et internationales, le RCD a mené, mène et continuera de mener le même combat : le changement de système politique pour la satisfaction des revendications qui ont mené à l’indépendance confisquée de notre pays.

Alger, le 15 octobre 2011
Le RCD

 

Tripartite : sombre présage

Espace de dialogue et de concertation, la tripartite, pourtant consacrée par la convention 144 de l’OIT, est une fois de plus piétinée par le pouvoir. Dans l’esprit de la convention, on désigne par organisations représentatives, les structures les plus représentatives des employeurs et des travailleurs jouissant du droit à la liberté syndicale. La Tripartite est un espace ou l’administration joue un rôle de facilitateur qui offre les supports administratifs nécessaires à la réussite de ces consultations.

Dans les faits, les consultations tripartites sont utilisées par le régime pour afficher devant l’opinion internationale sa disponibilité à respecter les conventions qu’il a ratifiées tout en reniant l’esprit de ces rencontres périodiques. Cette 15e édition ne déroge pas à ces manipulations traditionnelles.

Annoncée en grande pompe, la tripartite du 29 septembre devait traduire la volonté des divers acteurs à œuvrer ensemble pour sauvegarder le pouvoir d’achat des travailleurs, pérenniser l’outil de travail et, par la même, asseoir une paix sociale dans un environnement national particulièrement instable.

Le pouvoir n’a pas réussi à se départir de ses habitudes. Corrompu et corrupteur il a réussi la prouesse d’humilier le monde du travail à travers son représentant désigné en ne cédant sur aucun point de l’ordre du jour présenté par un partenaire social pourtant bien docile. En effet l’UGTA, lors de cette tripartite est passée à coté de son sujet. N’ayant pas été en mesure de faire valider ses revendications, elle a été vulgairement instrumentalisée. On lit dans le communiqué final sanctionnant les travaux : « la tripartite fait sienne la proposition du gouvernement de relever le SNMG à 18 000 DA ». Le pouvoir n’a même pas laissé le loisir au syndicat du sérail de s’approprier sa revendication.

Les raisons de cet échec résident dans la double illégitimité des acteurs de la tripartite. L’UGTA est loin d’être le représentant des travailleurs le plus crédible. La scène sociale est animée depuis longtemps par les syndicats autonomes, plus représentatifs et plus proches des réalités du monde du travail. Cette illégitimité fait d’elle un partenaire moralement disqualifié, incapable de mener des négociations sérieuses d’autant plus que la prescription dans l’affaire El Khalifa, dans laquelle est englué son SG, n’a pas encore été consommée.

Le pouvoir tout aussi illégitime que son relais servile ne peut composer avec des partenaires représentatifs et autonomes. Alger qui consacre la pluralité patronale, dénie une représentation plurielle aux travailleurs. Cette façon de choisir ses propres partenaires en violation de la convention 144 de l’OIT achève de faire perdre à la rencontre toute crédibilité.

Les résultats de la tripartite n’ont pas été simplement décevants ; ils traduisent la volonté du pouvoir de continuer à clientéliser le monde du travail. Le médecin qui touchait 6000 DA en 1986, touchait 6 fois le SNMG. Aujourd’hui avec toutes les augmentations de salaire et les indemnités, il ne perçoit que 3 fois le SNMG. En réalité le pouvoir d’achat des cadres de l’Etat s’effrite ; que dire alors des citoyens aux revenus encore plus bas !

Les principaux bénéficiaires de l’augmentation du SNMG sont certes les travailleurs qui touchent moins de 18000DA, et ils ne sont pas les plus nombreux, mais en réalité ces avantages profitent aux pensions ou salaires calculés sur la base du SNMG. En termes plus clairs, les pensions des moudjahidine et les salaires des hauts cadres des entreprises étatiques sont les heureux récipiendaires de ces décisions.

Pour expliquer son rejet devant la demande des travailleurs, le premier ministre a mis en avant la fragilité des équilibres financiers. Il avance que l’augmentation du SNMG coûterait 75milliards DA au trésor public, feignant d’oublier que pour acheter la paix sociale, ce même pouvoir a dilapidé plus de 38 milliards de Dollars de janvier à la fin juin 2011 ; soit vingt fois le coût des augmentations portant le SNMG à 20000DA. L’échec de cette tripartite a le mérite de montrer à ceux qui continuent encore de croire à un possible changement dans le système, que ce dernier n’a ni les capacités nécessaires d’opérer sa mue, ni la culture du dialogue et du changement pour engager une transition avec l’opposition en vue de sauvegarder la paix et la nation.

La tripartite du 29 septembre a un et un seul mérite : dans un monde en ébullition le pouvoir choisit le statut quo.

Tripartite : berceau du trabendo

La tripartite qui vient de se terminer renseigne, encore une fois, sur les intentions du régime. La 15eme cession s’est confinée dans le rôle d’instance de légitimation de la politique sociale de l’Exécutif. Le discours du chef de l’Etat du 15 avril qui promettait de « reconstruire le dialogue social et d’impliquer dans les décisions de politique économique les partenaires sociaux dans un esprit de concertation sérieuse » vient d’être démenti par les faits et actes de son gouvernement.

En effet, c’est la deuxième tripartite, après celle du 28 mai, en principe consacrée exclusivement aux voies et moyens de renforcer le soutien à l’entreprise et de conforter l’environnement de l’investissement, qui voit les représentants des syndicats autonomes ignorés. Le premier ministre justifiant cette élimination par le fait que les syndicats autonomes discutent avec « leurs tutelles ». Le propos est un aveu : un syndicat n’a pas de tutelles mais des partenaires. C’est la continuité du premier conclave de par ses décisions qui bénéficient exclusivement à un patronat hétéroclite où se mêlent trabendistes et investisseurs ; la majorité étant d’abord et avant tout constituée d’agents pourvoyeurs en financements des campagnes électorales du pouvoir.

Le syndicat officiel, censé axer ses revendications sur l’indexation des salaires sur le coût de la vie et un système de protection sociale basé sur la solidarité et la redistribution des richesses, s’est limité à demander une augmentation du SNMG à 20000da, une augmentation des pensions des retraites, une diminution de l’IRG et la suppression de l’article 87 bis du code du travail. Bien sûr, aucune de ces demandes n’a été agréée par la tripartite. La maigre augmentation du SNMG proposée par le gouvernement et validée par la tripartite bénéficiera essentiellement aux travailleurs dont le revenu ne dépasse pas les 18000 da et essentiellement à certaines pensions des moudjahidines et ayants droits et aux hauts cadres des entreprises publiques ; le salaire de ces derniers étant indexé sur le SNMG.

Par ailleurs, le coût de cette augmentation représente moins du vingtième des sommes déversées entre janvier et juin 2011 pour calmer la rue. Ceci relativise considérablement la portée de l’argument du premier ministre qui brandit les 75 milliards de dinars d’augmentation du SNMG pour mieux dissimuler le coût des avantages accordés au patronat, notamment l’effacement à hauteur de 50% des agios non recouvrés, la prise en charge des frais de labélisation des produits agricoles à l’exportation et l’annulation des pénalités d’assiettes et de recouvrement. Ce laxisme budgétaire qui ne fait aucune distinction entre acteur et activité économiques est en soi un aveu : confondre l’entreprise de production et l’opérateur parasitaire est une vielle méthode du système algérien qui dilue ses turpitudes et celles de ses relais dans des décisions de portée globales.

Une fois encore, le Trésor public est mis au service de l’entretien et de l’élargissement de la base clientéliste du système. Le développement national peut attendre.

Le RCD
Alger, le 02 octobre 2011

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