Archive pour 'Questions Politiques'

CNES: Instance consultative ou organe acclamatif

 

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Aux abois, le pouvoir, tente de desserrer l’étau autour de lui.  Même les organes sensés être consultatifs, comme le CNES sont actionnés pour créer des évènements  visant à le remettre sur orbite et  l’imposer  comme un l’acteur incontournable dans le traitement de la crise sociopolitique qu’il a pourtant lui même créée. Ayant tenté en vain d’absorber le mécontentement social en organisant les états généraux de la société civile, le pouvoir essaie cette fois ci de sous-traiter  des consultations nationales pour une meilleure gouvernance locale. Le CNES, encore une fois, est chargé de cette opération.  Ce constat n’est pas la déduction d’un opposant qui cherche du sensationnel mais l’aveu de son premier responsable qui déclare traduire « l’approche voulue par le chef de l’Etat ». Est-ce là la mission d’un conseil consultatif ?

Le CNES est régi par les dispositions du décret présidentiel n°93-225, du 5 Octobre 1993 portant création du CNES et par son règlement intérieur adopté en session plénière du 26 Septembre 1994 et approuvé par décret exécutif N’94-398 du 19 Novembre 1994. Le CNES a essentiellement trois missions :

  1. assurer la permanence du dialogue et de la concertation entre les partenaires économiques et sociaux ;
  2. évaluer et étudier les questions d’intérêt national portant sur le développement économique, social et culturel;
  3. faire des propositions et des recommandations et  donner des avis sur des questions entrant dans le champ de ses compétences ;

Sous la pression de la rue, et instrumentalisé le CNES s’offre une quatrième mission : appliquer les orientations du président de la République. Du coup, l’organe consultatif devient  un instrument exécutif. Reconnaissant l’inexistence d’espaces de débat où les citoyens peuvent s’exprimer et faire entendre leurs doléances, M. Babès se propose de créer cet environnement où même les syndicats et associations non agrées seront écoutés.

Le CNES défonce ainsi des portes ouvertes. La société civile n’a pas besoin d’être conviée à une kermesse mais demande à être respectée dans ses droits. Celle-ci, considérée comme facteur de stabilité sociale, elle a besoin de voir la traduction réelle des dispositions réglementaires et  des conventions internationales pourtant ratifiées par l’Etat algérien. Comment peut-on recommander en haut lieu une concertation quand on consacre la pluralité patronale tout en niant la pluralité syndicale lors des tripartites ?

Un pouvoir qui gère le mouvement social par l’intrigue, la transformation du ministère du travail en laboratoire créateur de dissidences et en finançant des mouvements de redressement pour paralyser et parasiter toute action syndicale et associative crédible, ne peut être porteur de projet moderne où les libertés syndicales et d’associations sont  consacrées et les droits fondamentaux respectés. Quand on arrive au pouvoir par la force et la fraude électorale, on ne peut avoir l’esprit de concertation encore moins de dialogue. Cette foire qui coûtera au contribuable les yeux de la tête va encore une fois retarder l’émancipation du pays et son entrée dans le concert des nations respectueuses des droits de l’homme.

Le CNES aurait dû attirer l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’élargir la concertation lors des tripartites aux syndicats autonomes et de cesser de criminaliser l’action syndicale. L’instrumentalisation de la justice qui étouffe tout mouvement de protestation en violation des dispositions constitutionnelles et aussi à bannir. Le recours aux tribunaux pour stopper des grèves déclenchées dans le strict respect des lois de la République discrédite de plus en plus l’appareil judicaire.

Le CNES s’apprête  à organiser ses assises nationales du 20 au 28 décembre 2011. Ces dernières auront pour but de mener à bon port sa mission d’assurer une meilleure gouvernance locale. Pour ce faire, selon son président, le CNES va s’atteler à « libérer la parole et créer une véritable dynamique de communication interactive ». Ainsi, toujours selon ce responsable,  la concertation pour  définir les objectifs d’un meilleur développement local et leur adaptation aux attentes de la population, en application des orientations du président de la République,  a déjà commencé dans cinq wilayas du grand sud.

Le CNES qui  n’arrive même pas à maintenir un site internet à jour, s’octroie les prérogatives de l’exécutif. Il va s’atteler à libérer la parole que le pouvoir n’a jamais voulu libérer. Mieux encore, il entamera une concertation avec les élus, la société civile et l’administration locale pour parait-il, trouver les voies et moyens pour un développement local répondant aux attentes citoyennes au moment où  le pouvoir fait voter un code communal qui limite encore plus les prérogatives des élus locaux. Navigant à contre courant, le CNES veut faire vendre les échecs du pouvoir en imputant la responsabilité de la regression aux élus locaux. En insistant sur les orientations du chef de l’Etat, le président du CNES avoue publiquement la dépendance de son institution. L’organe consultatif devenant acclamatif ne peut prétendre à aucune crédibilité.

Voulant à tout prix appliquer les vœux express du chef de l’Etat, le CNES préconise une démarche de la base vers le sommet. Il s’attellerait donc à l’amélioration de la gouvernance pour perfectionner les capacités managériales de nos responsables locaux avec le plein concours du gouvernement et des collectivités locales. Cette façon pernicieuse de présenter les choses, suggère que le mal est dans l’imperfection des capacités managériales des élus et que le gouvernement « irréprochable » s’emploie à redresser la situation. Le CNES feint d’oublier que c’est le gouvernement qui a créé ces instabilités locales en limogeant les rares maires élus démocratiquement en violation de la réglementation comme c’est le cas à Berriane ou Beni Abbes. Le gouvernement est aussi responsable du blocage de l’APC de la Casbah depuis 2007, alors que les élus ont trouvé une solution pour débloquer la situation dans le respect de la loi. Mais voila, les hommes qui ont émergé ne conviennent pas et le mythique quartier d’Alger est sans municipalité.

Les initiateurs espèrent assurer le changement de mode de fonctionnement de nos communes, daïras et wilayas. Ces assises seraient importantes car elles vont déterminer les décisions à appliquer pour améliorer les relations entre l’administration et les citoyens. Le patron du CNES reconnait ainsi le fossé qui sépare l’administration de ses administrés. La solution à cette crise de confiance passe par la légitimité du pouvoir. Ce dernier a de tout temps régné grâce à la fraude, le clientélisme et la gestion tribale des affaires publiques. Il aurait été souhaitable pour l’instance consultative de Mr  Babes de mettre le doigt sur le véritable mal qui ronge notre pays : l’absence de légitimité de toutes instances de représentations. On ne peut exiger une performance des élus quand leurs délibérations sont tributaires de l’humeur du wali ou même d’un chef de daïra. L’étouffement voulu des élus vise à les discréditer devant leur électorat. Avec le nouveau code communal avalisé par des députés serviles, on peinera à trouver des candidats honnêtes au service des  citoyens. L’opportunisme a donc de bons jours devant lui.

Lorgnant du coté de la presse, le premier responsable du CNES soutient même qu’un avion spécial devrait être affrété pour permettre aux journalistes de mieux les accompagner. Les besoins des professionnels de la presse sont connus. Ils aspirent à travailler dans leur pays en toute liberté, sans être traqués comme de vulgaires délinquants. Ils n’ont pas besoin qu’on leur affrète des avions pour couvrir des évènements. Ils ont besoin d’un statut qui sécurise leur carrière, de plus de liberté dans l’expression, de la levée du monopole sur la publicité source d’une concurrence déloyale, de la dépénalisation du délit de presse…

Quant à nous citoyens, nous avons besoin d’un Etat stable et impartial. Un Etat où  nous retrouvons l’expression de notre souveraineté à chaque consultation, une justice independante, la juste réparttion des richesses entre les citoyens, une politique sociale qui protège les plus faibles d’entre nous. En somme une Algérie démocratique et sociale.

Mais la sortie du CNES a un mérite Elle confirme que dans une période qui appelle courage et intelligence, le pouvoir algérien s’enfonce dans la manipulation et l’immobilisme. Ceux qui voulaient bien se laisser abuser par les annonces de réformes sont rappelés à la dure réalité par l’autisme d’un système qui est toujours décidé à sacrifier l’Algérie pour survivre.

Dr BESBAS Tahar

Secrétaire National aux affaires sociales

Député RCD

Le Député d’Alger avec les travailleurs de la fonction publique

Partageant  aux cotés des travailleurs les festivités du 1 mai 2009, le Dr BESBAS Tahar secrétaire national chargé du social, député d’Alger et vice président du groupe parlementaire du RCD, a représenté le parti au meeting de l’intersyndicale autonome de la fonction publique qui s’est tenu le 30 avril 2009 à la maison des syndicats. 

Prenant la parole, l’ancien syndicaliste et coordinateur du comité national  des libertés syndicales  (CNLS), a réitéré le soutien de  son parti aux travailleurs et aux organisations syndicales qui luttent pour l’amélioration des conditions de travail et  la  consécration  des libertés syndicales, que le pouvoir algérien ne cesse de violer.  Il rappellera que le RCD a toujours été aux cotés des travailleurs et de leurs représentants. Il rappellera aussi les questions orales et écrites  posées aux membres du gouvernement ainsi que les actions menées par les députés RCD sur le terrain.

Le représentant du  RCD se félicite de la création de la maison des syndicats, espace d’expression et d’organisation qui renforcera l’autonomie des organisations syndicales et de la société civile en général. L’initiative doit être, selon l’orateur, rentabilisée et capitalisée.

Le député d’Alger ne manquera pas d’avoir une pensée pour les syndicalistes assassinés ou disparus. Il citera entre autre, Mustapha BACHA, Redouane OSMANE. Il préconisera aussi de ne pas oublier les syndicalistes  persécutés et parfois même licenciés d’une manière abusive. Il ajoutera qu’il appartient à tout un chacun de se mobiliser pour réhabiliter la mémoire de nos syndicalistes disparus et réhabiliter aussi nos compagnons licenciés.

Répondant aux intervenants qui l’ont précédé, le Dr BESBAS insiste sur le fait que  le RCD reste disponible à  toute initiative de construction du pôle démocratique. Il ajoutera que l’appel du Dr SADI est clair et ne souffre d’aucune ambiguïté. Il précisera par ailleurs que le RCD n’a pas de complexe à initier ou rejoindre des démarches, pour peu qu’elles s’inscrivent dans la consécration de la volonté populaire et une démarche de non compromission avec le pouvoir et de ses clans.

Le Dr BESBAS précisera aux présents que le pouvoir va tenter de nous complexer sur la jonction naissante de la société civile avec les acteurs politiques. IL ajoutera que l’amour de la patrie n’est le monopole de personne. L’édification du pays est du ressort du politique, du syndicaliste, du travailleur. Chacun apportera sa contribution pour la construction du  pays,  édification qui ne peut se faire par une frange de la société mais par toute la société.

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