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Plus jamais ça

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Tahar BELABES, à ne pas confondre avec Tahar BESBAS, est un citoyen algérien dont le seul tord est d’être chômeur,   qui a décider de ne plus l’être. Très actif sur le terrain, ce jeune  citoyen  a réussi le pari de mobiliser  d’une manière pacifique les jeunes chômeurs du pays autour de revendications légitimes.
Ne dérogeant pas à sa logique répressive, le pouvoir tente de discrédité le militant des droits de l’homme qu’il est aussi, en l’arrêtant  à chaque fois que les chômeurs tentent de se révolter devant les passes droits et  la passivité complice des autorités devant la gestion opaque du dossier de l’emploi. Il vient d’être arrêté à Ouargla avec d’autres  jeunes chômeurs dont le seul tord est d’avoir manifesté pacifiquement pour réclamer un emploi qui demeure un droit de tout algérien.
Devant cette atteinte au droit des citoyens de  s’exprimer pacifiquement,  nous devons tous rester solidaires avec Tahar BELABES pour que l’injustice n’est plus de place dans notre pays.

LES POSTIERS S’éMANCIPENT DU JOUG SYNDICAL

 

Malgré la Chape de plomb, les travailleurs algériens  amorcent leur émancipation de la tutelle du bras sociale du pouvoir pour créer ou rejoindre des espaces de luttes plus crédibles et surtout représentatifs.  Les postiers viennent d’emboiter le pas aux travailleurs de la Sonelgaz , créant ainsi leur propre syndicat autonome. Ce nouveau né vient renforcer l’espace autonome des luttes sociales.  Malgré une représentativité octroyée par le régime,  le syndicat historique peine à jouer son rôle, se complaisant à être le pompier du pouvoir  maquillant les divers  monologues présentés comme des Bipartites.  Longue vie au nouveau venu et que le combat continu.

Ci Après le Communiqué du  Syndicat des postiers :

COMMUNIQUE N° 1

A l’occasion de la rentrée sociale  2012/2013 nous tenons à annoncé à la communauté nationale la naissance du syndicat national autonome des postiers (SNAP), issu de l’assemblée constitutive du 18 mai 2012 qui s’est tenue  à la maison des  syndicats   de Dar El Beida à Alger.

Le SNAP,  s’appuyant sur un ensemble de valeurs telles que l’égalité, la justice et la solidarité, s’inscrit  dans  la promotion et la mise en œuvre des principes et droits  fondamentaux  au travail. Il exercera son action  dans le secteur des postes  et poursuivra la mission de le défendre et de  le promouvoir. Il visera à construire un nouveau style de syndicalisme à la poste, plus démocratique, plus indépendant  et plus autonome. Un syndicalisme à visage humain et un syndicalisme de progrès social.

Le SNAP  œuvrera sans relâche à la réalisation  de sa  vision du secteur postal où l’operateur historique (Algérie Poste) sera une entreprise citoyenne  servant les intérêts de la population, assumant  pleinement son mandat de service public, et qui fournit à ses employés des emplois stables et bien rémunérés ,ainsi que de bonnes conditions  de travail.

Sous le credo : « un travail décent pour une vie digne », le SNAP appelle les postiers à se mobiliser et prendre leur destin en main  pour bâtir un syndicat à même de réaliser toutes leurs espérances.   Par ailleurs   le SNAP en appelle  au sens de responsabilité et à la clairvoyance des pouvoirs publics et des dirigeants du secteur des postes  afin de privilégier et assoir le dialogue et la concertation comme pratiques qui peuvent contribuer à la paix sociale.

                                       Le  Président  du  SNAP                                        

Mourad   NEKACHE

Répression pour les jeunes, immunité diplomatique pour le clan

 

Ayant longtemps toléré  et même encouragé le commerce informel, les autorités mènent depuis l’aïd une opération musclée pour son éradication. Des quartiers entiers connus comme étant fiefs de cette activité ont été investis par les forces de l’ordre dans le but de déloger ces commerçants. Ainsi des milliers de jeunes ayant crées une activité sont par la force des choses livrés à eux même. Occupés d’une manière ou une autre ces derniers vont se retrouver dans la rue avec la frustration d’avoir perdu un emploi informel soit il.

Il est vrais que l’informel a gangrené l’économie national, mais pourquoi avoir laissé ce commerce prendre de l’ampleur, fidéliser des commerçants et des clients pour ensuite décider de reprendre les choses en main. N’a-t-on plus besoin des ces jeunes ? Ou pousse t-on vers l’inconnu ?

Ces jeunes à qui ont a permis d’occuper les trottoirs d’une manière informel durant les évènements du premier semestre 2011, sont renier par les autorités qui les pourchassent comme des vulgaires criminels. Que vont faire ces milliers de jeunes livrés à eux même ? Quelle sera leur réaction ? C’est autant de questions à quoi les autorités doivent répondre avant de procéder à des descentes musclées visant ces jeunes citoyens sans diplômes, ni métiers. Ces derniers  plein d’énergies et de frustrations constituent une bombe à retardement aux conséquences imprévisibles. N’oubliant pas que c’est  un jeune vendeur  qui fût à l’origine du changement dé régime en Tunisie.

Le pouvoir à dépensé plus de 30 milliards de dollars en six mois en 2011 pour acheter la paix sociale. L’investissement fût certes lourd mais les résultats sont maigres. Ces jeunes qu’on a poussés vers l’informel n’ont pas bénéficié de ces largesse. Ces vendeurs informels sont des algériens à part entière. Au lieu de sécuriser leur avenir en les prenant en charge dans un cadre légal en légalisant leurs activités selon un cahier de charge qui les prémunira de la déperdition, le pouvoir leur oppose la force sans aucune solution de substitution.

On ne peut indéfiniment instrumentaliser une jeunesse qui ne cherche qu’à s’épanouir. On ne peut renier son existence et sa capacité à construire. Mais tout porte à croire qu’on la pousse a détruire pour des considérations qui ne sont pas les leurs.

Mais fidèle à lui-même, la jeunesse n’est pas une priorité du pouvoir. Ce dernier pense plus à sa clientèle  qu’il immunisât en leur octroyant l’immunité diplomatique. Comme quoi même la diplomatie est une affaire  de famille  et de clan.

 

Les jeunes du sud: ces oubliés du cinquantième anniversaire de l’indépendance.

Le système, comme à son habitude, ne rate aucune occasion pour détourner l’opinion des véritables problèmes de la société.  Encore une fois, saisissant l’anniversaire du 50eme anniversaire de l’indépendance, il tentera comme à l’accoutumée de faire croire que l’Algérie va bien,  que tout baigne dans l’huile et tentera  de mettre en relief des réalisations comme bilan de sa gestion. Il ira même jusqu’à adopter un slogan de circonstance : 50 années de réalisation et de créativité. Comme réalisation, il mettra en avant respectivement le complexe sidérurgique d’El Hadjar tout en omettant de souligner son parcours tumultueux, la gratuité et le taux de scolarisation en oubliant de souligner la qualité de l’enseignement et le nombre de militant que l’école a formé au lieu de former des citoyens,  l’autoroute Est-Ouest qui a englouti un budget faramineux et qui nécessite des replâtrages à chaque saison des pluies. Il prendra soins bien sure de mettre entre parenthèse la succession de coups d’Etat militaire politique et sociale ; Sa gestion de la cité par la répression la terreur et la corruption.

Pour marquer et honorer cet anniversaire, le régime a décidé de délier sa bourse. Il a  décidé que la célébration durera toute une année. Les dépenses pour les festivités, les opérations d’ornement ne constituent pas un handicap. Un budget aurait été dégagé pour cela. Rien que sur l’autoroute reliant zeralda l’aéroport, les autorités ont planté pas mois de 5000 palmiers   adultes qui commencent déjà à dépérir.  Sachant qu’un palmier coute pas moins de 100000 Da,  ce tronçon de la route aura englouti pas moins de 500000000 Da en arbres exotiques.

Malgré tout ce maquillage, le pouvoir ne peut cacher une misère sociale très apparente et une disparité sociale qui nargue la logique.  Comme chaque année, des enfants du sud algériens viennent passer des vacances sur les bords de la méditerranée ce qui est en soit  une bonne chose. Ces enfants privés de toutes commodités modernes viennent pour la plupart découvrir pour la première fois la notion de plage et  la salinité de la mer. Mais pour y arriver un parcours du combattant les attends.  Des mômes dont l’âge vari entre 06 et 14 ans  doivent parcourir entre 1000 et 2000 km pour piquer une tête dans l’eau salée du nord. Ces enfants doivent d’abord parcourir entre 200 et 500k pour arriver au lieu de départ. Il s’en suivra une traversée du désert dans des bus. Nos enfants feront ainsi un voyage de 2000 km en bus et qui durera en moyenne deux jours. Imaginez-vous des anges dont la majorité a l’âge de 06 à 08 ans dans un bus assis pendants deux jours avec tous les aléas du parcours. Imaginez la gestion de pas moins de 150 enfants en voyage à titre de restauration satisfaction des besoins naturels et d’hygiène corporels sous une  chaleur intenable de l’été. Ces oubliés des festivités du 50eme anniversaire de l’indépendance débarqueront au bout de deux jours de souffrance à destination. C’est des loques humaines qui arrivent à destination.  Je me souviens avoir encadré en 2007,  un centre de vacance pour enfants venant de l’extrême  sud du pays ou certains enfants ont dormi plus de 18 heures. Réveillés, ils étaient abasourdis par le voyage, il a fallu une mobilisation de l’équipe médicale et de l’encadrement   pour mettre en condition  ces enfants dans  leur nouvel environnement.

Sitôt les 15 jours consommé, il faut  penser au calvaire du retour. Une autre traversée du désert attend  ces enfants.  Plus de 50000 enfants subissent ce calvaire chaque année. Ils viennent passer des vacances au nord au prix d’une effroyable traversé du désert. Les conditions de voyage laissent  à désirer.  Si les équipes d’encadrement s’investissent à fond et  à cœur  lors des séjours des enfants, les conditions de voyages échappent  à leur prérogatives. Il est du ressort de l’Etat organisateur de ces vacances pour enfants de résoudre cette problématique. Ces voyages doivent se faire par avions. Ils sont certes plus couteux mais moins contraignants pour ces jeunes  vacanciers du sud. Le plaisir d’avoir passer des vacances sera complet.  Il appartient à l’Etat d’assumer ses responsabilités envers les jeunes du sud quand on sait qu’au même moment et pour des considérations d’ordres politiques il fait mieux avec d’autre. L’Etat algérien doit ouvrer à l’épanouissement de la jeunesse. Le ministère de la jeunesse et des sports doit être doté d’un budget conséquent. Ce dernier doit répartir ses fonds entre le secteur de la jeunesse et des sports d’une manière cohérente et en harmonie avec les objectifs.  Le secteur de la jeunesse est sollicité par les pouvoir public d’une manière outrancière lors des manifestations des masses et pour les besoins des campagnes politiques.  Il est décevant de constater que c’est le secteur sport qui en bénéficie des financements parfois outranciers.

 

Les jeunes qui n’ont connu de la révolution que le discours creux des officiels, découvrent l’amère  réalité  du système. Il les utilise sans contre partie. Il les sollicite à chaque occasion pour les besoins de sa cause mais les délaisse aussitôt ses objectifs atteints. Ces enfants du sud sont exhibés pour des causes qui ne les concernent pas. Lors de la saison estivale 2011, les enfants d’Adrar sont envoyés au Nord. En guise de trousseau on leur a offert des teeshirts à l’effigie de Bouteflika mais ce même Bouteflika à préférer financer un pont aérien  Alger Oum dorman au lieu d’Adrar Alger.

 

IMPASSE POLITIQUE ET CRISE SOCIALE

 

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Communication présentée par Tahar Besbas, lors du conseil national du 14 octobre 2011

Le pays connait ces dernières années une crise sociale jamais vue jusque là. Cette dernière est riche en enseignements tant sur le plan sociologique que politique. Depuis le 1er janvier, la scène sociale s’est emballée. Tous les secteurs de la société ont été touchés par l’effervescence revendicative qui, en fait, témoigne d’une avidité d’expression sociale que le pouvoir a de tout temps tenté de dévoyer. Aucun secteur n’a été épargné par cette fièvre. Cette dernière, qui s’est propagée à tous les secteurs, notamment la santé et l’éducation, a touché même les corps constitués, qui sur le plan réglementaire, sont en principe interdits de manifester et d’appeler à des grèves.

Ces évènements ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent de l’accumulation des frustrations successives vécues par les acteurs de la société civile et les citoyens en général. Plus particulièrement depuis 1999, la gestion tribale a été cultivée par le pouvoir en place. L’enrichissement et l’impunité dont se prévalaient les clans du pouvoir ont fini par excéder. La paupérisation, l’érosion du pouvoir d’achat, les inégalités sociales, la distribution inégale des ressources, l’ascension fulgurante de certains au détriment des valeurs sociales, l’absence de promotion en dehors des règles claniques établies et admises comme normes de reconnaissance sociale, la dévalorisation du travail, la clochardisation des symboles de l’Etat : table cigarette avec portrait du chef de l’Etat, sont autant d’éléments qui ont conduit à l’exacerbation de la crise sociale.

Il est admis que toutes les situations de crise sont en générale réglées dans un cadre de dialogue entre les antagonistes. Depuis 1999, un net recul du dialogue social, pour ne pas dire sa disparition, a été observé. Le pouvoir, ayant jeté son dévolu sur l’UGTA, a finalement choisi de dialoguer avec lui-même.

Le dialogue, élément essentiel de la stabilité sociale, a été dévoyé au profit d’acquis, préalablement octroyés par le pouvoir, dans un semblant de concertation, tributaire de l’accord du président de la république. Les acquis, qui furent toujours au déça des aspirations des citoyens, sont, le plus souvent, rattrapés par des réalités nationales amères, notamment le manque de suivi dans l’application, l’inflation….

Toutes ces tergiversations engendrent inéluctablement une crise de confiance entre les citoyens et le pouvoir et tout ce qui le représente, notamment les collectivités locales, les administrations, même les réseaux sociaux sont infestés par des officines. Le désintérêt est tel que le citoyen fuit tout ce qui émane du pouvoir. Ce dernier a réussi de cette manière à faire reculer la notion de démocratie participative, gestion active du citoyen dans les affaires publiques. Les élections sont discréditées. L’Algérien est arrivé à se convaincre que tout est fait d’avance et que cela ne sert à rien de tenter quoi que se soit. Combien de fois a-t-on entendu dire : Bouteflika sera président en… Le transfert de la souveraineté populaire vers d’autres centres de décision est ainsi intériorisé par le citoyen.

Depuis pratiquement deux ans et plus spécialement depuis le dernier coup d’Etat constitutionnel de 2008, le pays est entré dans une zone de turbulences ou les situations conflictuelles se multiplient de jour en jour. On a recensé environ 1317 manifestations lors du premier semestre 2011 et plus de 10 000 manifestations tout type confondu en 2010. Ce qui équivaut à 27 manifestations par jour. Ces conflits sont de deux ordres :
- Des conflits organisés (manipulés ou non).
- Des conflits désorganisés.

Les conflits organisés concernent en général le monde du travail. C’est dans un cadre structuré et assumé que ces conflits ont lieu. Les syndicats ont été les principaux animateurs de ces manifestations. Les organisations les plus en vue sont le SNPAP, le SNPSP, le SNPSP, le CNAPEST, le SNAPEST, l’UNPEF et le CLA.

Les manifestations désorganisées ont été menées par des citoyens au décours de situations de passe droit, de violation de la loi par l’administration, des précarités aigue de la situation sociale des populations etc… Ces manifestations ont occasionné plusieurs dégâts matériels et même parfois humains, comme l’assassinat de citoyens par les forces de l’ordre et l’armée en début de l’année.

La société civile a été très présente aussi. A l’initiative de la CNCD, plusieurs organisations de la société civile ont marqué de leur empreinte, d’une manière ou d’une autre, la scène sociale. Nous préciserons tout de même que certaines ont été infiltrées et actionnées, pour freiner la confluence des forces de la société civile. La marche du 22 janvier 2011, les actions menées ensuite dans le cadre de la CNCD ont permis de casser le mur de la peur, rendre visible les acteurs sociaux revendicateurs, affirmer le caractère politique de la crise sociale et enfin proposer une solution politique à la crise à travers la plate forme pour le changement et la démocratie.

Les intellectuels et autres personnalités qui ont participé aux deux premières marches ont vite reflué, attestant de fait, que les élites algériennes ne sont pas en mesure d’assumer dans la durée un combat d’avant-garde.

S’appuyant sur la rente pétrolière et une gestion clientéliste des richesses du pays, le pouvoir a réussi, jusque là à différer l’explosion sociale. Ayant essayé d’instrumentaliser les évènements de janvier 2011 pour rétablir des équilibres en son sein, les dirigeants ont été pris de cours par l’initiative du RCD du 22 janvier 2011. Par la suite la dynamique enclenchée par la CNCD, a poussé le pouvoir à laisser les querelles de clan pour parer au plus pressé : se maintenir coûte que coûte dans un contexte marqué par le soulèvement des populations en Tunisie et en Egypte.

Passé l’euphorie des augmentations salariales et l’impossibilité de satisfaire la demande sociale, le pouvoir se retrouvera tôt ou tard face à la colère sociale. Ce report, encore une fois de l’embrasement, risque de nous mener vers une situation de rupture de confiance totale, source de radicalisation des mouvements sociaux. La fragilité ambiante du système aidant, fera le lit d’une révolte dont les conséquences seront malheureusement inévitables et imprévisibles.

La grande satisfaction réside dans le potentiel jeunesse qui a suivi et relayé les mouvements de protestation. Lors des évènements du premier semestre 2011, nous avons constaté l’émergence d’une jeune génération, prête à lutter pour un changement de système et une Algérie démocratique et sociale. Même formée dans des conditions aléatoires, ces jeunes sont à même de relever les défis.

Englué dans ses contradictions, le pouvoir recours, d’une part à l’achat de la paix sociale, en dilapidant environ 39Milliards de dollars en l’espace de 06 mois, d’autre part, pour la consommation extérieure, il organise un simulacre de dialogue dans le cadre d’une tripartite ou les partenaires sont triés sur le volet.

Espace de dialogue et de concertation, la tripartite, est une fois de plus piétinée par le pouvoir. Ne pouvant se départir de ses habitudes, ce dernier à encor humilié le monde du travail à travers son représentant désigné. Ne cédant sur aucune revendication sociale d’un partenaire pourtant docile, le pouvoir a violé la convention 144 de l’OIT sur les consultations tripartites. Il a consacré la pluralité de la représentation patronale tout en la refusant au monde du travail.

Cette consultation fût un échec total. Ce dernier réside dans la double illégitimité des acteurs de la tripartite. Les syndicats autonomes, qui jusque là ont animé la scène sociale sont plus représentatifs et plus proches des réalités du monde du travail. L’UGTA, béquille sociale du pouvoir, est disqualifiée. Elle est incapable de mener des négociations sérieuses, d’autant plus que la prescription dans l’affaire El Khalifa, dans laquelle est englué son SG, n’a pas encore été consommée.

Face à une absence de stratégie, on observe que le sommet du pouvoir hésite et se contredit. Pendant que les membres du gouvernement sont sommés de déclarer que la crise est exclusivement sociale, le chef de l’Etat, les prenant à revers, décrète le 15 avril que la crise est politique et qu’elle appelle des réformes structurelles profondes.

En fait les deux ont raison, l’impasse politique à produit une crise sociale qui n’épargne aucun secteurs.

 

Dr Tahar BESBAS

Secrétaire National  aux affaires sociales


Tripartite : sombre présage

Espace de dialogue et de concertation, la tripartite, pourtant consacrée par la convention 144 de l’OIT, est une fois de plus piétinée par le pouvoir. Dans l’esprit de la convention, on désigne par organisations représentatives, les structures les plus représentatives des employeurs et des travailleurs jouissant du droit à la liberté syndicale. La Tripartite est un espace ou l’administration joue un rôle de facilitateur qui offre les supports administratifs nécessaires à la réussite de ces consultations.

Dans les faits, les consultations tripartites sont utilisées par le régime pour afficher devant l’opinion internationale sa disponibilité à respecter les conventions qu’il a ratifiées tout en reniant l’esprit de ces rencontres périodiques. Cette 15e édition ne déroge pas à ces manipulations traditionnelles.

Annoncée en grande pompe, la tripartite du 29 septembre devait traduire la volonté des divers acteurs à œuvrer ensemble pour sauvegarder le pouvoir d’achat des travailleurs, pérenniser l’outil de travail et, par la même, asseoir une paix sociale dans un environnement national particulièrement instable.

Le pouvoir n’a pas réussi à se départir de ses habitudes. Corrompu et corrupteur il a réussi la prouesse d’humilier le monde du travail à travers son représentant désigné en ne cédant sur aucun point de l’ordre du jour présenté par un partenaire social pourtant bien docile. En effet l’UGTA, lors de cette tripartite est passée à coté de son sujet. N’ayant pas été en mesure de faire valider ses revendications, elle a été vulgairement instrumentalisée. On lit dans le communiqué final sanctionnant les travaux : « la tripartite fait sienne la proposition du gouvernement de relever le SNMG à 18 000 DA ». Le pouvoir n’a même pas laissé le loisir au syndicat du sérail de s’approprier sa revendication.

Les raisons de cet échec résident dans la double illégitimité des acteurs de la tripartite. L’UGTA est loin d’être le représentant des travailleurs le plus crédible. La scène sociale est animée depuis longtemps par les syndicats autonomes, plus représentatifs et plus proches des réalités du monde du travail. Cette illégitimité fait d’elle un partenaire moralement disqualifié, incapable de mener des négociations sérieuses d’autant plus que la prescription dans l’affaire El Khalifa, dans laquelle est englué son SG, n’a pas encore été consommée.

Le pouvoir tout aussi illégitime que son relais servile ne peut composer avec des partenaires représentatifs et autonomes. Alger qui consacre la pluralité patronale, dénie une représentation plurielle aux travailleurs. Cette façon de choisir ses propres partenaires en violation de la convention 144 de l’OIT achève de faire perdre à la rencontre toute crédibilité.

Les résultats de la tripartite n’ont pas été simplement décevants ; ils traduisent la volonté du pouvoir de continuer à clientéliser le monde du travail. Le médecin qui touchait 6000 DA en 1986, touchait 6 fois le SNMG. Aujourd’hui avec toutes les augmentations de salaire et les indemnités, il ne perçoit que 3 fois le SNMG. En réalité le pouvoir d’achat des cadres de l’Etat s’effrite ; que dire alors des citoyens aux revenus encore plus bas !

Les principaux bénéficiaires de l’augmentation du SNMG sont certes les travailleurs qui touchent moins de 18000DA, et ils ne sont pas les plus nombreux, mais en réalité ces avantages profitent aux pensions ou salaires calculés sur la base du SNMG. En termes plus clairs, les pensions des moudjahidine et les salaires des hauts cadres des entreprises étatiques sont les heureux récipiendaires de ces décisions.

Pour expliquer son rejet devant la demande des travailleurs, le premier ministre a mis en avant la fragilité des équilibres financiers. Il avance que l’augmentation du SNMG coûterait 75milliards DA au trésor public, feignant d’oublier que pour acheter la paix sociale, ce même pouvoir a dilapidé plus de 38 milliards de Dollars de janvier à la fin juin 2011 ; soit vingt fois le coût des augmentations portant le SNMG à 20000DA. L’échec de cette tripartite a le mérite de montrer à ceux qui continuent encore de croire à un possible changement dans le système, que ce dernier n’a ni les capacités nécessaires d’opérer sa mue, ni la culture du dialogue et du changement pour engager une transition avec l’opposition en vue de sauvegarder la paix et la nation.

La tripartite du 29 septembre a un et un seul mérite : dans un monde en ébullition le pouvoir choisit le statut quo.

Le sort de l’UGTA et « l’avenir » du système

drtaharbesbas.jpgLes travailleurs algériens voient arriver le 1er mai, cette date symbole immuable des luttes syndicales, alors qu’ils viennent, pour la plupart d’entre eux, de sortir d’un mouvement de protestation fait de grèves et de marches dont l’initiative est à l’actif exclusif de jeunes syndicats autonomes.
Cette protestation, devenue quasi permanente depuis quelques années, ne semble pas avoir donné à réfléchir à un gouvernement dont l’autisme apparaît désormais comme une constante. Ainsi, les syndicats à l’origine des luttes actuelles, bien que légalement constitués, sont systématiquement ignorés. Pis, ils sont réprimés, au besoin par la matraque et leurs responsables ne comptent plus les procès en justice qui leur sont intentés par les ministres. Pis encore, l’ex-syndicat unique qu’est l’UGTA, régulièrement appelé à la rescousse par le gouvernement, ne rechigne pas à la besogne dès qu’il s’agit de diaboliser les véritables défenseurs des intérêts des travailleurs. « Les grèves ne règlent pas les problèmes.» Ainsi avait parlé le secrétaire général de l’UGTA pendant les derniers débrayages et quelques jours avant de se faire « réélire » par un congrès décrié y compris à l’intérieur de cette organisation. Une telle déclaration doit être entendue comme l’expression pudique d’un renoncement à un droit constitutionnel, un droit consacré à présent jusque et y compris dans des Etats où le droit n’est pas toujours la première vertu. Une organisation syndicale qui se dessaisit ainsi de tout pouvoir de dissuasion face à la toute-puissance du patronat ou à l’omnipotence des pouvoirs publics, perd toute raison d’être. Plus que l’abandon d’un instrument de lutte universel, il s’agit là d’une désertion déguisée du terrain syndical, mais une désertion qui ne soustrait pas l’organisation à l’obligation de remplir son rôle de syndicat alibi.
C’est que l’UGTA finit à présent par se révéler comme partie intégrante d’un système politique moribond. D’avoir accompagné solidairement et sans remise en cause un tel système, l’ex-syndical unique achève désormais de se décliner comme l’homologue syndical de l’ex-parti unique. Elle est l’expression fidèle, sur le terrain des luttes sociales, de l’échec politique du vieux parti dans la gestion de la cité. Avec toutefois une nuance : si le FLN n’a ni la latitude de se réformer ni les capacités de s’adapter à un paysage politique marqué par le pluralisme et donc par la compétition, l’UGTA, quant à elle, n’a même plus les moyens structurels de mobiliser, encore moins de préserver une place prépondérante dans le champ syndical. Mais, en la matière, la partie est encore plus aisée pour l’ex-parti unique qui, non sans un certain succès, s’appuie sur la fraude électorale afin de se maintenir. Le challenge est en effet plus ardu pour l’UGTA, bousculée en permanence par l’action des organisations autonomes par trop combatives et dont l’audience s’élargit sans cesse au sein du monde du travail, précisément grâce à cet engagement et à cette générosité dans la lutte.
Toutefois, le déclin désormais avéré de l’UGTA n’est pas seulement la résultante de la position peu confortable à laquelle l’a contrainte l’émergence tonitruante des syndicats autonomes. Il est aussi l’expression de la faillite du système politique dont l’organisation a toujours été un appendice, jusqu’à muer aujourd’hui en une sorte d’excroissance de l’Alliance présidentielle, collaborant avec elle aussi bien au gouvernement qu’au Parlement. Le processus par lequel le FLN s’est éloigné des valeurs démocratiques et sociales énoncées en 1956 est en tous points identique à celui qui a amené l’UGTA à se départir des principes fondateurs qui, la même année, avaient présidé à sa création.
Si les syndicats autonomes sont promis à un épanouissement certain, leur progression et leur affirmation comme entités incontournables sont appelées à donner du rythme à la démocratisation de la vie politique. Et vice-versa. Quant au sort de l’UGTA, il est intimement lié à l’avenir du système. Mais celui-ci en a-t-il un ?

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